Alice Guy Blache by Emmanuelle Gaume with Alexandra Lamy

Alice Guy Blache by Emmanuelle Gaume with Alexandra Lamy
Why a movie? Guy-Blaché is the definition of an industry pioneer, rising first through Gaumont Studios, then by becoming the founder and head of Solax Studios. By all accounts a cisgender woman, she nonetheless challenged masculine stereotypes, making big meaningful moves like casting women into then-typically male professions, like magicians or dog-trainers, and taking on the masculine roles herself, dressing as a man and stepping in front of the camera. Today, as we continue to mold our perspectives on how we conceptualize gender and sexuality in mainstream artr, Guy-Blaché’s story is both a feminist rendering of an inherently masculine system, and a subversion of how women were expected to perform both on- and off-screen

vendredi 18 avril 2008

Alice guy historiographie fèministe



Alice Guy Premier Auteure

Selon Gaines (2002, p. 110-111), reconnaître que les pionnières du cinéma ont joué un rôle de « productrices » (makers), au sens pratique du mot — en tant qu’ouvrières, actrices, scénaristes, productrices ou réalisatrices —, est une priorité pour l’historiographie féministe de cette période. Or, pour aborder ainsi l’histoire, il n’est ni nécessaire ni opportun de s’appuyer sur la notion d’auteur. Ainsi, une véritable histoire des pionnières du cinéma, nous en convenons avec Gaines, devrait être non seulement celle d’Alice Guy-Blaché, mais aussi celle des travailleuses de Gaumont, aussi bien que des couturières, des figurantes et des assistantes de plateaux, ou encore des secrétaires et des assistantes de cadres, producteurs, réalisateurs et inventeurs du cinéma des premiers temps.
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Cependant, s’intéresser à Alice Guy-Blaché et la situer parmi les pionnières françaises (ou états-uniennes) du cinéma en tant qu’auteure, n’implique pas nécessairement le rejet de toute approche historique, qu’elle soit liée à l’histoire intellectuelle, à l’histoire des mentalités ou à l’histoire matérialiste. En ce sens, comme Lauren Rabinovitz le note ici même, dans son article, l’historiographie féministe propose une réévaluation de la dimension extra-textuelle de l’auteur, qui doit dorénavant être pensée au sein d’un ensemble incluant toutes les professions ainsi que tous les rôles sociaux endossés par les femmes dans le cinéma des premiers temps :

Authorship in this regard then is not merely a unity across the text but is established in relationship to human agency within industrial or artisanal networks and practices. Authorship as a practice is therefore contingent on securing a position and power within institutional frameworks and reception.

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Considérer Guy-Blaché comme une auteure fait partie d’une pratique historiographique qui rétablit une juste perspective sur les statuts sociaux et culturels des femmes dans le cinéma des débuts. De plus, utiliser le concept d’auteur peut se révéler utile pour éviter de réduire l’historiographie des pionnières à une simple liste de noms et pour comprendre les relations discursives des pratiques sociales et productives liées au cinéma.
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Une histoire véritablement matérialiste est une histoire qui analyse les rapports intersubjectifs tels qu’ils s’établissent dans des contextes productifs spécifiques, rapports au sein desquels l’auteur occupe une place qui, sans être la seule, n’en est pas moins importante.
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Évacuer l’auteur de l’histoire du cinéma, et particulièrement de l’histoire de ses débuts, cela veut dire s’empêcher d’analyser les aspects les plus problématiques des rapports de pouvoir et des politiques identitaires tels qu’ils ont évolué au sein des institutions cinématographiques.

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